sarah rooney
 

 

 

 

 

TACHES AVEUGLES – PUNCTUATION 4, 2014

oil on canvas

16” x 12” each / 40cm x 30cm each

 

 

 

 

 

 

TACHES AVEUGLES – UP CLOSE TO A DISTANCE I, 2013

acrylic on canvas

45.5 x 71.5 inches / 111.5 x 181.6cm

 

 

 

 

 

 

TACHES AVEUGLES – UP CLOSE TO A DISTANCE I, detail 2013

acrylic on canvas

45.5 x 71.5 inches / 111.5 x 181.6cm

 

 

 

 

 

 

TACHES AVEUGLES – PUNCTUM REMOTUM, 2013

acrylic on canvas

45.5 x 71.5 inches / 111.5 x 181.6cm

 

 

 

 

 

 

TACHES AVEUGLES – COMME TU DIS LE ST. LAURENT, 2013

oil on canvas

48” x 24” each / 121.9cm x 60.9 cm each

 

 

 

 

 

 

TACHES AVEUGLES – CONSTELLATION A1, 2013

oil on canvas

45.5” x 71.5” / 111.5cm x 181.6cm

 

 

 

 

 

 

CONSTELLATION A4, 2014 (right)
CONSTELLATION A5, 2015 (left)

oil on canvas

24” x 18” / 61cm x 45cm (each)

Photo Credits: Richard-Max Tremblay

 

TACHES AVEUGLES

Dans cette série de tableaux peints par Sarah Rooney, la structure des travaux implique un jeu subtil entre les vapeurs aériennes du touché et de la couleur. Appelant de façon constante une expérience de l’espace, ces œuvres s’ouvrent sur une rencontre de taches aveugles. Parce que ces tableaux prennent un certain temps à se révéler, et puisqu’ils sont comme des écrans reposés, l’absence et la présence de l’expérience d’observation commence à approximer un certain décryptage de la vision derrière l’œil, comme si l’on percevait (hypothétiquement) une tache aveugle. La définition même d’une tache aveugle nous dit que lorsque l’on perçoit une réelle tache aveugle dans le champ visuel, « le cerveau interpole la tache aveugle se basant sur les détails environnants et les informations provenant de l’autre œil, pour que la tache aveugle ne soit normalement pas perçue ». Ici, le remplissage de l’expérience visuelle prend vie au moment où l’on marche vers les peintures, qu’on détourne le regard, qu’on se déplace, mettant en jeu le centre, la surface, la bordure. Ce phénomène, qui pourrait être dit comme faisant partie de la façon de voir n’importe quelle œuvre de façon incarnée, est particulièrement puissant avec ces œuvres. À une époque où les écrans d’ordinateur sont monnaie courante de diffusion, ces tableaux échappent en quelque sorte à être photographiés, et cette impossibilité de les représenter aisément, cette disjonction entre le document et le documenté, évoque une autre couche de leur relation à la notion de tache aveugle. Ces tableaux, dans la subtilité de leurs couleurs poussiéreuses – beiges, bleus et blancs quelques fois ponctuées de petits accents,– couvrent de larges étendues. Dans leur similitude, dans leur différence, ces peintures exercent une pression sur l’expérience visuelle. Perçues de façon grandissante à travers une visualité physiquement mobile et de moins en moins « optiquement visuelle », ce sont des peintures qui s’activent par la rencontre de l’œuvre, incarnée, pour lesquelles voir, au travers des disjonctions, incorpore les mouvements de nos corps dans l’environnement.

 

 

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